A mi-chemin de ma saison 2019, l’été représentait la saison idéale pour réaliser un camp d’entrainement en altitude. Récit de deux semaines sportives, entouré de champions, dans la station grisonne de St-Moritz.

Depuis mon retour du Kenya le 10 avril dernier, mon quotidien helvétique a repris bon train. Des semaines de travail ‘normales’ demandant de l’énergie et du temps. Une vie sédentaire en fait !

Ré-accoutumé à cette vie ‘normale’, je me réjouissais d’autant plus de regoûter à la vie d’athlète professionnel deux semaines durant, à l’occasion d’un camp d’entrainement estival à St-Moritz, la Mecque estivale de la course à pied.

 

 

 

 

 

Sur place, j’ai eu la chance de pouvoir le groupe d’entrainement de la vice-championne de 3’000m steeple 2018, Fabienne Schlumpf, ainsi que de Chiara Scherrer (4ème aux championnats d’Europe de Cross U23 en 2018) et d’une partie de l’équipe suisse U23 de triathlon. Avec pour chef d’orchestre de ce petit groupe, Michi Rüegg, entraineur national de demi-fond.

Avec une partie de mon groupe d’entrainement : Simon, Chiara et Thibaut

La destination de St-Moritz est très prisée des coureurs en été pour les conditions qu’elle offre. En plus d’une altitude idéale (1’800m), la station possède une magnifique piste de 400m (4 couloirs), des terrains d’entrainements variés (plats et vallonnés) et des conditions d’entrainement idéales avec plus de 320 jours de soleil par an. Le lieu est apprécié des coureurs qui vivent dans la simplicité (Julien Wanders par exemple) comme des coureurs qui privilégient des conditions d’entrainement plus luxueuses (les scandinaves à l’image des suédois, des polonais et de la fratrie norvégienne des Ingebrigtsen).

Avec mon ami Julien Wanders, recordman du monde du 5 km sur route et recordman d’Europe du 5, 10km et Semi-marathon.

La piste de 400m de la station grisonne

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce camp d’entrainement représentait une belle chance d’évaluer les progrès réalisés lors de mon séjour africain de 5 mois. Le groupe de Fabienne Schlumpf représentait une véritable opportunité, puisque le niveau (32’03 pour 10 km) était théoriquement sensiblement égal au mien, voire légèrement supérieur. Idéal pour progresser.

Fabienne Schlumpf

Les premiers jours du camp ont été dédiés à l’acclimatation. Le premier footing était révélateur : à des allures de 4’30/km, les pulsations étaient déjà hautes (env. 160-165 bpm contre 145-150 en plaine). Dès qu’on ‘pousse’ un peu la machine (autour de 4’00/km), les puls montent en flèche. Satisfaction personnelle, cette phase d’acclimatation n’aura durée que deux jours. Sans doute habitué aux hautes altitudes du Kenya, mon corps a retrouvé ses réactions habituelles dès le 3ème jour d’entrainement.

Sans détailler le contenu exact de mon entrainement hebdomadaire (tout est disponible ici : https://www.strava.com/athletes/6337438), nous avons enchainé les séances à allures de footing régénératif, footing aérobique, seuil et vitesse à un rythme de 2 entrainements par jour. Nous avons également réalisé quelques exercices de coordination sur les haies, de la force et du gainage. En 13 jours, j’ai parcouru un total de 207 km répartis en 23 entrainements. Un rythme que n’ont malheureusement pas pu suivre Fabienne et Chiara qui se sont toutes les deux blessées en cours de camp. Si la blessure était mineure pour Chiara, ce n’est malheureusement pas le cas de Fabienne qui a jeté l’éponge après une séance sur piste. Bilan : Fracture de fatigue au pied, fin de saison. Le sport peut être cruel.

A titre personnel, je tire un bilan très positif de ce camp. Victime d’aucun pépin physique, j’ai pu m’entrainer avec régularité et à un bon niveau deux semaines durant. Sur les intensités (courtes et longues), je me suis senti fort et je n’ai jamais décroché la tête du groupe. Très encourageant pour la suite 🙂

Ma prochaine compétition aura lieu ce soir à l’occasion du meeting Citius à Berne où j’ai eu la chance d’être aligné sur 3’000m. Les standards d’admission sont élevés et la course promet d’être rapide avec pas moins de 12 coureurs en moins de 8’50 (soit près de 21 km/h durant 9 minutes!). J’espère ne pas me faire asphyxier dès les premiers hectomètres afin de donner ma pleine mesure jusqu’à la ligne d’arrivée 🙂

Ce meeting sera également l’occasion de voir en actions la majeur partie des athlètes côtoyés à St-Moritz.

Au plaisir de vous partager cette expérience incroyable !