Mes camps successifs en Afrique du Sud (novembre – décembre 2018) et au Kenya (janvier – mars 2019) étaient entrecoupés d’une parenthèse familiale à l’Île Maurice, pays d’origine de Rachel. Récit de près de trois semaines au paradis, ou presque.

Noël en famille et en shorts, welcome in Mauritius !

A quatre heures d’avion de l’Afrique du Sud, cette escale représentait l’occasion de ‘couper’ avec l’ambiance des camps d’entrainement à moindre coûts, tout en restant dans le Sud et sans réaliser un nouveau périple à-travers le monde. Un temps de repos mental et physique bienvenu qui nous aura permis de pleinement recharger les batteries.

Vivre dans une carte postale, possible à l’Île Maurice.

L’occasion de vous présenter en quelques paragraphes l’Île Maurice qui aura été un véritable coup de cœur pour moi. Comment ne pas l’aimer ? Une population adorable typique des îles, des paysages à couper le souffle en mode ‘cartes postales’ et une nourriture copieuse et variée. Tout ce dont un homme peut rêver.

Lors de l’escalade de la montagne du ‘Pouce’.

Les mauriciens sont un peuple tranquille à l’histoire tumultueuse. En mains bataves, françaises et finalement anglaises, l’île à été reconnue indépendante en 1968. Les populations qui y résident témoignent de ce véritable melting pot colonial. Chrétiens, musulmans, indoux et bouddhistes cohabitent dans une désarmante harmonie. A Grand Baie (Nord) par exemple, la Mosquée fait face à une église chrétienne et tout le quartier est habité par des hindous dont certains possèdent des micro-temples bouddhistes sur leur propriété. Génial.

Le mixte culturel s’étend aux langues de l’Île : Anglais (Langue officielle), français (langue d’usage courant), créole (dialecte), hindi, ourdou, tamoul et mandarin s’entremêlent dans une sonorité qu’on ne retrouve nul part ailleurs. A vivre. Une sorte de petite Suisse des îles, exit le Röestigraben et autres intangibles barrières culturelles.

Les rues marchandes de Port Louis offrent un incroyable mix culturel

Les mauriciens sont gentils, aiment les touristes. Contrairement à d’autres endroits du globe, les touristes ne sont pas considérés comme des ‘vache à lait’ mais bien accueillis en toute considération. Le tourisme représente d’ailleurs la première industrie de l’Île devant la production de sucre et dérivés (Rhum notamment) ainsi que la production textile et l’industrie des services (électroniques notamment). Une économie forte qui fait de Maurice le premier pays d’Afrique en termes de PIB (production de valeur) par habitant ainsi que le pays le plus équitable (indice de Gini).

Des plantations de cannes à sucre à perte de vue.

La latitude tropicale de l’Île lui confère un climat humide dont découlent des paysages verdoyants. Entre volcans inactifs, plantations de thé, plages de rêves et phénomènes naturels inexpliqués (le Pieter Both, Macondé et le Rocher de Cristal, …), l’Île présente une diversité naturelle incroyable, presque mystique. Un phénomène accentué par la superficie de l’Île qui fait à peine un vingtième de la superficie de la Suisse. En 1h15 à peine, il est ainsi possible de traverser l’Île de part en part.

Le Pieter Both, phénomène naturel inexpliqué à ce jour (source : https://mauriciens.wordpress.com/2015/07/21/le-pieter-both-montagne-de-maurice/)
Le Rocher de Cristal, comme ‘posé’ sur la mer.

Ce qui m’a surpris, c’est l’amour des mauriciens pour leur Île. L’immense majorité des locaux passe en effet ses vacances dans le pays et profite des merveilles locales. Un constat qui se vérifie sur les plages publiques de l’Île où on ne trouve quasiment que des mauriciens qui passent leurs journées à la mer. C’est un super sentiment de se sentir entouré de locaux et de pouvoir échanger avec eux. C’est ainsi que nous avons rencontré – de l’eau jusqu’au nombril – un musicien mauricien très sympa qui s’est avéré être une star. Classé n°2 comme chanson Sega de l’année à Maurice, il compte plus de 3 mio de vues sur Youtube et planifie une tournée européenne. Allez donc écouter sa musique ‘Dodo Baba’ ici (attention, c’est entrainant !).

Instant shot d’une plage mauricienne.

A parler de plages, n’allez pas croire que ce séjour était une sinécure sportive. Les entrainements planifiés ont tout de même été réalisés. A un rythme d’environ 1h par jour (5 à 6 entrainements par semaine), nous avons tenu le programme ‘maintien’ de notre entraineur. L’occasion de réaliser quelques séances-test en basse altitude.

Il n’y a pas de moments pour activer son corps haha!

Je suis particulièrement satisfait des sensations obtenues en début et en fin de séjour. Un sympathique 7 x 1’000m R=2’ en début de séjour m’a permis de vérifier ma bonne forme (moyenne 3’13 par kilomètre), équivalente à celle du printemps 2017 lorsque j’avais réalisé mon premier top-10 au BCN Tour (même séance en 3’18 par kilomètre à ce moment-là). Le dernier entrainement du séjour avec une endurance progressive ‘sans forcer’ de 10 km en 39’10 était également satisfaisant en termes de sensations.

Lors de ma séance de 7 x 1’000m sur la piste du stade Maryse Justin Stadium de Réduit.

Le plat principal de cet hiver d’entrainement débute désormais à Iten, sur les hauts plateaux kenyans. Sur la terre des champions de course à pied, je m’attends à des conditions difficiles : altitude (2’400m), absence de routes en dur, conditions de vie simples. Après 2 semaines d’acclimatation dans un centre d’accueil pour européens, je planifie de loger chez l’habitant afin de ‘vivre la vie kenyane’ et non pas avoir l’impression d’y goûter comme les nombreux coureurs européens qui se rendent dans des centres aménagés sur place. Le choix de la difficulté qui va, je l’espère, payer.

Je me réjouis de vous partager cette folie kenyane !