Le petit Mich’ avec son nouveau Panda 🙂

Le proverbe dit poliment que l’herbe est plus verte chez le voisin. Une expression qui induit qu’on a tous besoin de visiter le ‘ailleurs’ pour se rendre compte de la valeur de notre vie. En Suisse pourtant, le discours est différent.

Quel beau pays nous habitons ! Des paysages dignes d’une carte postale, un confort de vie inégalé dans le monde, une stabilité politique et économique digne d’un monde parfait. L’herbe est définitivement plus verte en Suisse qu’ailleurs !

Voici le discours que j’ai longtemps tenu, amoureux et fier de ma belle helvétie. Pourtant, je réalise à-travers ce voyage en Afrique que la réalité n’est pas si évidente et que certaines valeurs outrepassent les éléments précités.

A force de voyages et de rencontres, je me surprends néanmoins constamment de la gentillesse des populations qui m’accueillent, peu importe le continent, la richesse pécuniaire et le statut social de mon hôte. Les sri-lankais, les chiliens, les cubains. Toutes ces populations ont en commun un sens de l’accueil, d’altruisme qui ne cesse de me surprendre. En Suisse, me dis-je, cela ne se passerait pas comme cela !

Au premier regard, la Suisse est certes un pays magnifique. La majorité des gens y vivent confortablement, l’entente générale est très bonne, nous aimons travailler et aider les autres lorsque nous le pouvons. Nos besoins primaires, secondaires et tertiaires (modélisés par la fameuse pyramide de Marslow) sont rapidement comblés et il est de bonne conscience d’aider le démuni pour autant que cela n’empiète pas sur notre confort de vie.

Pourtant, ferions-nous une croix sur un objet de nos désirs (un vélo flambant neuf d’une valeur de CHF 1’000.-) pour soutenir à la place une famille démunie du même montant ? Accepterions-nous une diminution de notre utilité individuelle au bénéfice des gens qui en ont réellement besoin ?

En Suisse, nous travaillons (très) dur pour posséder, et lorsque (enfin!) nous possédons, nous prenons le soin d’aider l’autre. Comme aveuglé par la direction de notre société, nous avons suivi le moule mis en place et c’est comme si ce n’était qu’au moment de l’acquisition matérielle de la situation visée (une petite maison avec voiture par exemple) nous amenait à nous poser la juste question de notre existence, de notre place dans le monde.

Depuis tout petit, on m’a toujours dit que je devais faire des études. J’ai suivi la voie : Lycée, Bachelor, Master. Et puis il fallait avoir une bonne place de travail, qui me plaisait si possible mais qui devait surtout satisfaire monétairement à mes besoins. Ainsi, je serais un homme heureux, avec des possibilités financières et donc libre de mes choix.

La vérité c’est que l’argent est nécessaire à tout, mais que le temps ne s’achète pas. Tout comme l’altruisme et les émotions entre individus. Et c’est bien là toute la question de ce post : Quelle valeur choisit-on de donner à notre vie ? Privilégie-t-on la richesse pécuniaire ou humaine/expériencielle ?

A l’âge où chaque citoyen helvétique prendra sa retraite, retiendra-t-il vraiment les possessions accumulées et l’honorifique place socialement acquise de haute lutte au détriment d’autres qui n’auront pas su se montrer assez ‘bons’ ? Ou sera-t-il entouré d’amis, de personnes qui ont grandi grâce à ses actes et qui ont pu eux aussi apporter leur pierre à l’édifice d’une société emplie d’humanité ?

Je pense que la Darwinisme fait partie de l’existence et ce n’est pas le point de ma remise en question ici. Ce que je dénote, c’est la côté humainement creux et nombriliste des sociétés développées (dont la Suisse fait partie), qui voient l’entraide comme l’ultime besoin à combler. Ce tour du monde me donne envie de ne pas suivre cette voie et placer cette notion de ‘faire la différence’ pour l’humanité en avant de mes besoins individuels.

Je ne cherche pas à devenir président d’une ONG mondialisée telle que Bill Gates, mais bien à transmettre l’idée que chaque petit geste compte, et qu’il fait la différence. Donner de la confiance à l’autre, de l’espoir ou simplement de l’amitié, c’est parfois beaucoup. Ne pas s’attacher à l’image renvoyée mais bel et bien à la nature de l’action.

J’admire les gens qui accomplissent au quotidien ces actions altruistes et pleines d’humanité à l’image du projet Bali Hope Ultra-Marathon de mon amie Ariane Wilhelm (que je vous invite à soutenir!) et des Associations telles que Help-for-Hope en laquelle je crois. Je suis persuadé que si chacun d’entre-nous amenions le bien commun à la première place de nos priorités, les bénéfices en seraient décuplés pour notre société.

Quelques idées de mesures :

  • Ne pas considérer l’argent comme la solution à tout (surtout pas à notre bonheur!) mais comme un moyen d’échange entre individus qui, eux, comptent
  • Soyez positifs à l’égard de vos amis et des actions locales qui eux aussi ‘font la différence’ à leur échelle (collectes de fonds, magasins locaux)
  • Donner quelques CHF par mois aux actions telles que Caritas qui soutiennent les plus démunis (dépendant du budget du ménage) et même y contribuer concrètement (un exemple original : inviter des personnes seules à vivre le réveillon chez vous)
  • Prêter vos possessions à ceux qui en ont besoin (hébergement tels que Couchsurfing, prêter votre voiture à vos amis, etc.)

Toutes ces actions remettent en question la place que nous occupons sur cette terre ainsi que l’empreinte que nous allons y laisser. Je suis le premier à me dire : ‘Booooon ce n’est pas mon action qui va faire la différence’, comme vous sans doute. Une action qu’aucun ne cautionne vraiment mais que chacun nourrit de par son acte individuel. Pourtant, une goutte d’eau enfante l’océan.

« Une goutte d’eau enfante l’océan »

Cet article un peu ‘hors-cadre’ au regard sportif de mon projet actuel tend à proposer une vision extérieure sur notre quotidien helvétique vu de l’extérieur. ‘Embarqué’ dans une routine parfois oppressante, qui ne laisse que peu de place à la remise en question, j’espère qu’il vous amènera à des réflexions positives et empreintes d’altruisme 🙂