Frais et dispos (mais ne nous demandez pas de courir!) à l’arrivée =)

Ce dimanche s’est déroulé le Wings for Life Challenge 2016, une course au concept unique qui se déroule simultanément dans 34 pays du monde. Mon objectif qui consistait à résister durant 35 km à la ‘catcher car’ de Santiago a été largement atteint.

Le Wings for Life Challenge est une course au principe unique. Plus qu’une compétition traditionnelle contre tout un peloton, il s’agit d’une course contre soi-même. Trente minutes après le départ, une voiture est lancée à nos trousses à une allure de 15km/h durant 60 minutes. Puis, celle-ci accélère à 16km/h durant les 60 minutes suivantes, puis 17km/h … jusqu’à ce qu’elle rattrape le dernier coureur. Une course qui se déroule simultanément sur les 5 continents, et qui regroupe près de 100’000 coureurs dont des cracks mondiaux (Thibaut Baronian, Cesar Diaz, mon idole Yoann Stuck, etc.).

L’entier des fonds récoltés lors de cette épreuve sont reversés à l’association ‘Wings for Life’ qui soutien la recherche pour guérir les maladies de la moelle épinière. La campagne que j’ai menée le mois dernier a ainsi récolté les EUR 1’000 espérés. Encore une fois, merci à toutes les personnes qui ont soutenu le projet !

Au réveil – à 3h30 du matin – je ressens de bonnes sensations. Une petite appréhension – n’ayant jamais réalisé plus de 25 km en course – mais également le sentiment d’être prêt. La stratégie de course est claire : parcourir les 20 premiers kilomètres à une allure soutenue (4’30/k, 13.3 km/h) en compagnie de Séb’ – mon ami-coureur français – puis engager un dialogue diplomatique avec les gambettes.

C’est à 8h, heure locale, que le départ est donné. Il fait encore nuit à Santiago et j’ai l’impression de m’élancer pour un ultra-trail, avec mes bas de contention et entouré de coureurs équipés de camelbak et de compressions. Au coup de feu, des coureurs s’élancent dans tous les sens et Séb’ doit vraiment m’aider à rester calme, j’ai juste envie de suivre le ‘flow’ ^^ Mais il a raison, toute l’énergie qu’on peut économiser à cet instant nous sera précieuse plus tard.

Plus tard, oui, car la course est encore (très) longue. Après 5 km, nous commençons à nous stabiliser et de moins en moins de coureurs nous dépassent. Tout va bien. Certains coureurs s’échappent de quelques mètres puis reviennent à notre hauteur. On est vraiment réguliers et c’est de bonne augure pour la suite. Pour passer le temps, on a instauré un jeu : celui d’entre-nous qui dépasse le moins de coureurs durant la journée offre les sushis. Après 20 kilomètres, nous avons repris environ 25 coureurs et les sensations sont bonnes. Je prends le temps de m’arrêter à chaque ravitaillement et prend soin de changer régulièrement de foulée, ainsi que le rythme de mon souffle.

La température est idéale – environ 13-14 degrés – et le parcours est plutôt roulant. Le sol est par-contre vraiment dur (il s’agit de béton, non de bitume) et à un moment, je me dis que mon pari de courir avec des chaussures de 10 km va me coûter cher.

On passe le premier Semi-Marathon en 1h35′, tout est sous contrôle. Je crois qu’on énerve un peu les coureurs qu’on dépasse à force de discuter de tout et de rien en courant, mais il faut bien passer le temps ;-). Dès le 25e kilomètre, un chilien se joint à nous et nous laisse imposer le rythme. En discutant un peu avec lui, on apprend qu’il s’appelle Rodrigo, et qu’il compte s’arrêter au marathon. Le mec est une machine, il a notamment réalisé 2h50 sur marathon cette année (!). Se baladait-il ? Je sais pas, mais l’histoire me dira que non.

On termine la 2ème heure de course avec un peu d’avance, et on se dit alors que les 42 km sont possibles. Au fil des kilomètres, on accélère gentiment le rythme et la 3ème heure passe plus vite que les deux autres (plus de 14km/h de moyenne). Séb’ me dit qu’il pense pousser jusqu’au marathon et s’arrêter. On rattrape petit à petit d’autres coureurs et on lâche notre ami Rodrigo. Au passage du marathon – en 3h05 – on est clairement bien entamés et j’vous assure qu’à ce moment-là, je rigolais pas ^^’ On a tout de même bouclé le deuxième Semi en 1h30, bien plus rapide que le premier. A ce moment-là, j’ai ressenti un mélange étrange d’émotions ; entre la joie d’être devenu ‘un marathonien’, la douleur, l’envie de continuer pour voir jusqu’où le corps peut aller. La question : à quel moment la voiture va-t-elle nous rattraper ? Combien de kilomètres nous reste-t-il à parcourir ? 1, 3, peut-être 5 ? Allez savoir à ce moment-là de la course…

Dès le 42ème kilomètre, on se tire la bourre avec Séb’ et à l’approche de la voiture, 5 km plus loin, il arrive à accélérer, moi pas. Le compteur s’arrête à 47,16 km pour moi, 47,55km pour Séb’. Nous terminons finalement 12e et 13e au classement général chilien (1er et 2ème dans la catégorie des 18 – 25 ans), devant plus de 1’300 coureurs. A l’échelle mondiale, nous terminons 242e et 252e sur 94’300 coureurs (13e et 15e dans la catégorie des 18 – 25 ans).

Notre allure en course, progressive.

Davantage que le résultat, je suis extrêmement heureux d’avoir vécu cette aventure. Il y a ce moment où le voiture nous a rattrapé bien sûr, mais je retiens aussi les moments de rigolade, de partage avec Séb’, tout comme les moments où mon corps était à la limite. C’était une sensation étrange que de marcher comme un pépé une fois l’épreuve terminée, j’ai kiffé haha! Ah et j’ai aussi eu l’occasion de faire quelques kilomètres en ambulance (?!). Celle-ci, véhicule officiel, m’a ramené – ainsi que 2 autres coureurs – jusqu’au ravitaillement du 50ème kilomètre où un bus nous a ramené à Santiago (1h de trajet! C’est là que tu te rends compte ce que t’as couru ^^).

Selfie souvenir, happy boys !

Y paraît qu’après un marathon, il y a un petit moment de ras-le-bol de la course à pied. Pour le moment, je ne ressens rien du genre, mais sait-on jamais d’ici demain au réveil ^^. J’espère d’ailleurs que j’arriverai sortir de mon lit ! =PAinsi, s’achève l’aventure Wings for Life Challenge 2016 Santiago. Merci à tous pour vos messages d’encouragements et vos pensées d’avant, pendant et d’après-course =)La vidéo officielle, avec quelques furtives apparitions :