Quelle belle bataille sur ce Groupe E Tour 2019 ! (De g. à dr. : Daire Bermingham, David Girardet, Damien Girard et Adrian Jenny)

Au sortir de mon camp estival en altitude à St-Moritz, j’ai participé successivement à deux meetings sur 3’000m puis au Groupe E Tour 2019, l’équivalent du BCN Tour dans la région de Fribourg. L’occasion de récolter les premiers fruits de mon travail.

Débutée il y a 10 mois, mon aventure sportive m’a vu améliorer sensiblement mes techniques et mon volume d’entrainement. A mon retour en Suisse, fin-avril 2019, les résultats n’ont cependant pas été aussi bons qu’escompté. Bien que les sensations à l’entrainement se révélaient souvent très bonnes, je n’arrivais pas à montrer mes progrès en compétition. Frustrant !

Lors de mon camp d’entrainement de l’été, à St-Moritz, j’ai côtoyé des athlètes qui valaient pour la plupart autour de 32 minutes pour 10 km, soit bien mieux que le niveau affiché lors du BCN Tour. Lors des endurances comme lors des séances spécifiques, je parvenais à les tenir avec régularité. Est-ce le déclic ? Je ne le saurai jamais, mais toujours est-il qu’à mon retour en basse altitude, les résultats ont montré le bout de leur nez.

Malgré un 3’000m à Berne en demi-teinte (9’12), 2 jours après la fin de mon camp, j’ai ensuite expérimenté la fameuse ‘surcompensation’ qui succède aux séjours en altitude. Quelle aisance de course, quelle facilité respiratoire ! Dans cette bonne dynamique, j’ai réalisé mon premier podium national sur piste : 9’03 sur 3’000m au meeting national de Langenthal.

Dans la foulée, j’ai pris part au Groupe E Tour. L’épreuve, organisée par SportPlus, s’étend sur 5 semaines (une épreuve chaque mercredi soir) et proposait des étapes de 9.5 à 10.8 km, avec des dénivelés variant entre +200m et +270m. Le défi était d’enchainer les étapes et de gérer les trajets. Pas facile de faire entre 1h et 1h30 de trajet après une journée de job avant de débuter la course, puis de rentrer au milieu de la nuit.

Les paysages du Groupe E Tour sont magnifiques ! (ici, lors de la dernière étape à Grandvillard)

Grâce aux 3’000m réalisés, les premiers kilomètres des étapes étaient à chaque fois aisés. Je me suis ainsi envolé dès les premiers hectomètres de l’étape n°1 à Avry. Longtemps deuxième, je me suis fait reprendre par 3 coureurs autour du 7ème kilomètre. Je retrouve un second souffle sur la fin de course et limite les dégâts (classé 5ème à 20 secondes de la 2ème place).

Lors de la première étape, plein d’envie.

Dès la semaine suivante, lors de l’étape n°2 à Surpierre, je gère mieux mes efforts. Je laisse partir un coureur en échappée puis le reprend dans la première montée du parcours. Je m’échappe ensuite seul en tête de course pour arriver en-haut de la bosse avec environ 10 secondes d’avance sur 3 poursuivants. La suite de l’étape, très vallonnée, me permet de conserver mon léger avantage. Peu avant le 8ème kilomètre, Daire Bermingham revient sur moi, seul. Nous réalisons 2 km ensemble avant que celui-ci attaque à l’entame d’un sentier raide qui précéde l’arrivée. Surpris de cette attaque et, surtout, du parcours, je lâche quelques mètres et termine à 3.7 secondes du vainqueur à l’arrivée. Cette étape m’a néanmoins fait prendre conscience que j’avais les capacités de me battre pour une victoire !

A moins d’un kilomètre de l’arrivée, le bras de fer avec Daire Bermingham était engagé.

L’étape n°3 à Payerne épouse un scénario très différent. Avec Daire et Damien Girard, nous nous échappons dans la longue bosse initiale (5 km!) et nous relayons jusqu’à l’amorce de la descente (km 7). Daire attaque, je réagis, il nous prend tout de même quelques mètres. Après quelques hectomètres en descente, Damien Girard me dépasse comme un missile, rejoint Daire, puis le laisse sur place (!). L’irlandais n’avait néanmoins pas dit son dernier mot et revient. Girard se retrouve en chasse-patate entre Daire et moi. A l’amorce du plat final (environ 800m) à travers champs, je compte environ 8 secondes de retard sur le 2ème. J’accélère progressivement et parviens à dépasser Damien Girard à environ 200m de la ligne. Je termine finalement 2ème en véritable boulet de canon (2’57/km sur les derniers 1’500m), à 15 secondes du vainqueur.

Une victoire en catégorie à l’arrachée lors de l’étape de Payerne.

L’étape n°4 à Matran proposait un parcours difficile. En particulier, les derniers kilomètres longeaient une rivière et les coureurs devaient descendre une succession d’escaliers en bois irréguliers, numéro d’équilibrisme. Dès le départ, je me sens bien et une nouvelle fois, nous nous échappons en tête de course avec Daire et Damien. Au sommet de la première bosse, raide, je me place en tête de groupe. Lors d’un virage, je relance un peu plus fort qu’habituellement et un léger écart se crée. Durant 3 km, j’évolue en tête de course avec quelques secondes d’avance sur mes adversaires. Au km 6, une énoOooorme montée, 400m d’une pente très raide. Je l’aborde avec quelques secondes d’avance et je cours-marche comme je peux. En-haut, Daire est toujours à quelques secondes. Je décide alors de relancer de toutes mes forces, et ne plus me retourner avant le km 8. A une allure variant entre 3’05-3’10/km en léger faux-plat descendant, je creuse un gros écart sans m’en rendre compte. Les derniers km’s avec les fameux escaliers et le sentier en bordure de rivière passent ‘crème’, et je sprinte dans la montée finale pour rejoindre l’arrivée. VICTOOOOOOIRE ! Quel sentiment.

En-haut de la bosse, peu avant de m’échapper.

Une émotion particulière que je n’oublierai jamais et qui a été possible grâce à tant de gens qui ont cru en moi. En premier lieu mon entraineur, mais aussi toutes les personnes qui ont soutenu le projet Chouq’Africa 2019 et qui m’ont affiché leur soutien durant les derniers mois. Je suis tellement reconnaissant pour ça, et j’ai envie de partager cette première victoire avec eux 🙂 Ce n’est qu’un début bien sûr, mais voici l’émotion dont j’avais besoin comme motivation pour la suite de mes entrainements !

Dans la bosse initiale, le duel était âpre.

Au sortir de toutes ces émotions, l’étape n°5 à Grandvillard s’annonçait pleine de promesses. L’écart en tête de course s’est considérablement réduit, et je devais reprendre 7 secondes à Daire Bermingham pour remporter ce Groupe E Tour 2019. La course, très tactique, a vu Daire et moi nous observer durant plusieurs kilomètres, lui me laissant faire le rythme. Peu avant le km 7, il passa à l’attaque. Vidé, dans un jour sans, je n’ai pas pu répondre. Alors 4ème à ce moment-là (deux coureurs s’étaient échappés en tête de course dès le départ), je me fais rejoindre par deux autres coureurs que je croche jusqu’à l’arrivée. Forcément déçu, je ne joue pas le sprint et termine 6ème de cette étape. Au final, je termine tout de même 2ème au classement général (à 59 secondes) et 1er dans ma catégorie des Hommes 20.

De nombreux kilomètres parcourus avec Daire, toujours avec respect et sportivité. La course à pied est un sport magnifique !

Ma satisfaction réside dans la relative régularité dont j’ai fais preuve sur cette épreuve. Bien qu’un peu moins fort lors des étapes 1 et 5, j’ai été mentalement fort sur toutes les étapes (à part sur les derniers kilomètres de la dernière) pour y croire jusqu’au bout. Une étape de franchie 🙂

Photo finale, avec l’ensemble des maillots jaunes du Groupe E Tour 2019.

Après 10 mois très intenses (plus de 3’000km parcourus!) avec quelques jours de repos seulement, mon entraineur m’a accordé une grande pause d’entrainement de 2 semaines. L’occasion de recharger mes batteries, soigner mes petits bobos (il n’y en n’a pas beaucoup ^^) et faire un break mental. J’ai déjà hâte de reprendre le chemin de l’entrainement le 1er octobre prochain, participer à un camp d’entrainement à mi-octobre, puis courir avec les amis lors des corridas hivernales 🙂

Merci de vos lectures et incroyables soutiens ! 😀