De retour à Ifrane (Maroc) après une première expérience avortée en 2017, l’enjeu de ce camp d’entrainement était simple : parcourir des kilomètres en se faisant plaisir. Au-delà de toute espérance, ce camp aura marqué le véritable lancement de ma saison 2020.

La préparation hivernale représente le moment clé de la préparation de la saison estivale. A la manière d’une pyramide, il s’agit de construire une base solide en réalisant de bons entrainements d’endurance, tout en travaillant la force et en réalisant des exercices de coordination et d’étirement sur lesquels seront construit la suite de la préparation.

Les plus grands le disent, jugez plutôt les mots d’Eliud Kipchoge à propos de la phase d’initiation de son entrainement : « Suite au marathon de Londres (avril 2019), j’ai pris 3 semaines de repos complet […] avant de débuter la première phase de préparation qui a inclut du renforcement trois fois par semaine, et 18-20 km de course à pied les jours où je n’étais pas en salle de force. Le renforcement m’aide à chasser les blessures de mon esprit et renforce mon corps. »(source : INEOS 159 Challenge).

Après avoir obtenu mes premiers résultats en août – septembre, dernier, j’ai pris une pause complète de sport de 2 semaines. Un temps bienvenu après 10 mois d’entrainement quasi sans discontinuer, plus de 3’000 km au total. La reprise à début octobre à été poussive puisque je suis tombé malade. C’est donc avec seulement deux semaines d’entrainement dans les jambes que je débutais ce camp d’entrainement.

En 9 jours d’entrainement, les données étaient simples : s’acclimater le plus rapidement possible et bénéficier des effets de l’altitude (1640m) au maximum. Sur la réserve les premiers jours, je me faisais systématiquement lâcher lors des footings même à allure normale (4’30/km), m’efforçant de m’écouter pour que les endurances de base ne se transforment pas en endurances intensives. S’écouter pour progresser 🙂

Les allées d’Ifrane, ‘la petite Suisse Marocaine’, sont extrêmement propres et rectilignes

Le marché d’Ifrane propose une grande variété de fruits et légumes

 

 

 

 

 

 

 

Sur place, j’ai eu la chance de rejoindre un super groupe d’entrainement. Des jeunes marocains de 19 à 25 ans, emmenés par le talentueux Mohamed Bybat (23 ans) qui vaut 1h03 sur semi-marathon. Un monstre. L’ambiance était très bonne et les coureurs locaux m’ont super bien intégré. Ils ne parlaient pas tous bien français, mais on s’est arrangé, le langage des signes est universel 🙂

Une semaine placée sous le signe de l’amitié et du partage

10 jours durant, l’immersion a été totale. Résidant dans un appartement marocain sis au-dessus de celui de mon groupe d’entrainement, nous avons partagé résidence avec d’autres amis parmi lesquels Mohammed Boulama et son frère, Amine. Nous avons mangé de délicieuses tajines, du couscous (le vendredi !) et bu du thé menthe marocain sur-sucré juste délicieux ! Egalement, j’ai pu bénéficier des massages d’Abdou Toliss, qui a massé les plus grands (Soufiane El Bakkali notamment). La belle vie d’athlète !

Au massage avec Abdou Toliss

Le rythme de vie marocain était très différent de celui connu au Kenya. A l’inverse des footings à jeun à 5h30 du matin, nous déjeunions à 9h30 puis partions courir à 10h30, voire plus tard. Le second run de la journée se terminant souvent à la nuit tombante, nous mangions vers 22h et extinction des feux vers minuit.

Illustration de l’esprit communautaire présent à Ifrane, avec Abdou et Omar

Globalement, l’esprit communautaire est très présent et la notion de partage est prépondérante dans la culture marocaine. Seul, tu ne possèdes rien, c’est la force du groupe qui importe. J’ai adoré les moments partagés avec mes amis marocains, Amine, Ziyed, Mohamed, Omar et tous les autres, et souhaite à chacun de le vivre. Une expérience qu’à tentée Daniel Castillo, un jeune français de 19 ans venu seul à Ifrane. Adopté tel un frère, il a eu l’audace de partir dans l’inconnue et cela a payé. Ça aura été un plaisir de côtoyer ce jeune coureur motivé, on se reverra mec !

Dernier soir à Ifrane en compagnie de Toliss, Abdelmotalib, Ziyad, Amine & Daniel

A titre personnel, je suis extrêmement satisfait du déroulement de ce camp, puisque j’en ressors en pleine forme. L’amélioration de mes sensations au cours de la semaine a été crescendo. Un peu dans l’inconnu au vu du faible nombre de kilomètres depuis ma reprise, tout s’est finalement très bien déroulé. Les meilleures sensations de la semaine ont été ressenties les deux derniers jours du camp, quel bonheur de terminer avec de si bons sentiments.

Courir avec le sourire 😀

Au total, en 9 jours d’entrainement, j’ai parcouru 167 km sur des terrains variés et majoritairement en endurance. Espérons que ces efforts paient. Réponse dès la mi-novembre lors des courses en ville de fin d’année. Mon programme est la suivant : Corrida Bulloise (16 novembre), Foulées de l’Arcom (23 novembre), Course de l’Escalade (30 novembre) et Trotteuse-Tissot (7 décembre).

Au plaisir de vous conter ces récits de courses !