Au Tour des Alpages de Anzère 2015
A priori lancé pour une nouvelle saison faite de courses régionales rapides (5 à 10 km), j’ai rapidement remis en question mes priorités. Mon premier objectif de la saison, le BCN Tour de Neuchâtel, a été une réelle déception. Freiné dans ma préparation par une bronchite, je n’étais simplement pas prêt à temps. Plus que le résultat, c’est la manière qui m’a déçu. Scotché dans les montées, j’avais le sentiment d’être un coureur au rabais, un simple coureur de plat sans consistance dès que la route s’élève un peu. Un coureur vide en somme.

Bien décidé à prendre les choses en main, j’ai décidé dans un premier temps de prendre les courses qui venaient les unes après les autres, sans me fixer d’objectifs trop élevés. Dans un second temps, je devais m’améliorer en montée ! Le remède, faire de la cote. Quelques entraînements mais surtout rapidement des courses profilées pour ‘faire le rythme’, rien de mieux que la compétition pour s’améliorer.

A ma grande surprise, les premières courses en cote se sont bien passées, au vu de ma courte préparation : 14e scratch à Cressier-Chaumont (13km +800m) et 12e scratch ‘à la maison’ au Trophée des Tablettes (5.7km +600m). Le plus fou dans cela, c’est que non seulement je tenais mon rythme en course mais en plus, j’avais l’impression de pouvoir encore accélérer quand bon me semblait. J’avais une certaine lucidité en course, une sensation nouvelle pour moi qui apprécie de prendre des départs rapides, ce qui fait logiquement monter les pulsations rapidement.

Ces bons résultats m’ont conforté dans ma stratégie de course et j’ai donc décidé de ne plus partir inconsciemment, ou … moins souvent du moins. Ça a également payé lors des courses moins profilées auxquelles j’ai pris part, notamment au 100km de Bienne en relais (16,9 km, 3e scratch en 1h03’01”) et lors du Cross de Bôle (9.3km +200m, 7e scratch).
Cette sensation de maîtrise, agréable, m’a donné envie d’aller plus loin, l’envie de se dépasser encore et encore. Je n’ai jamais prétendu ‘maîtriser’ une course mais pourtant, c’était le cas. Pas de défaillance ni d’explosion à mi-course, encore moins de concurrents qui me reprennent sans que je ne puisse même imaginer essayer de les suivre.
Maintenant que je parvenais à maîtriser mes ‘p’tits 10 kil’s habituels’, quel défi allais-je me lancer désormais ?
Une idée me titillait depuis quelques mois : Participer à des courses de montagne. Tout a commencé lorsque j’ai lu ‘Born to Run’ de McDougall, en novembre 2013. Un très bon livre qui retrace la vie des Tarahumaras, un peuple vivant dans les montagnes du Mexique qui possède une capacité hors-norme lors des courses de montagne. Très peu au courant des techniques actuelles d’entraînement, ils parcourent des distances incroyables chaussés de simples sandales, bref, une folie. Une folie qui m’a fait rêver. Mais pourtant, tout ça me semblait si loin.
Je m’y suis déjà brièvement essayé, notamment à Thyon-Dixence (16.9km +700m, 2012 et 2014) puis au Tour des Alpages (17 km +600m, 2013), mais sans succès. Des expériences peu concluantes non seulement au niveau du résultat mais surtout du plaisir en course. Crispé quasi du début à la fin, en souffrance, je ne voyais pas comment des coureurs pouvaient aimer ce genre d’épreuves.
C’est ces échecs qui m’ont convaincu que les courses de montagne pouvaient constituer un défi idéal. J’ai donc eu envie de m’y réessayer cet été.
Première course de montagne et première surprise. C’était au Tour des Alpages de Anzère (17km +600m) et contrairement à ma précédente expérience, j’ai pris un plaisir immense ! Une montée difficile mais sans cesser de courir – un défi perso – puis de magnifique chemins blancs dans les alpages, juste le bonheur. Les résultats 2015 ici.
Par la suite, j’ai imaginé un moment participer à une course de montagne du fin-fond de la Suisse, de manière anonyme, parce que je veux vivre cette expérience d’introspection ‘pour moi’. C’est très important. Avec la fin de saison qui approche cependant, peu de courses de ce genre subsistaient au calendrier de la course à pied suisse.
Dans une folie, j’ai décidé de participer dans le plus grand secret à la Classique ‘Villeret-Chasseral-Villeret‘, épreuve de montagne réputée de ma région. Plus de 25 km de bonheur et près de 1’000m de dénivelé.
… le récit de cette épreuve dans mon prochain post 😉