En cette semaine du 28 octobre au 3 novembre 2017, j’ai eu la chance de participer à mon premier camp d’entraînement en altitude en compagnie de Mohammed Boulama. Une expérience qui a pris une tournure inespérée, mais qui s’est avérée riche en enseignements, récit.

En ce samedi 28 octobre, je m’envole pour Casablanca, motivé comme jamais. Préalablement à mon départ, j’ai pris le temps de fixer mes objectifs de la semaine : prendre du plaisir (le plus important !), sortir de ma zone de confort, apprendre et surtout, comprendre. Comprendre l’état d’esprit de ces coureurs qui passent des mois en altitude, sans femme ni enfant, dans l’inconfort et à se battre pour des primes de course qui leur permettront de vivre 2, peut-être 3 mois.

A l’aventure !

A mon arrivée, le plan est d’assister au Marathon International de Casablanca qui a lieu le lendemain, puis de monter en altitude à Ifrane (1’750m), à 3h30 de route de là. Nous logeons pour la nuit dans un ancien internat, réservé aux athlètes invités. Après un rapide ‘kick-off run’ à la descente de l’avion, je me décide à participer au 10 km organisé dans le cadre du Marathon, départ fixé à 8h45 environ.

Quelques minutes de file d’attente à l’aéroport de Casablanca

Le ‘environ’ est ici important. Aucun horaire de départ précis n’est donné, et en plein échauffement, Mo’ me conseille de rejoindre la ligne de départ en raison du départ imminent. Je me faufile entre deux barrières censées empêcher l’entrée des coureurs et me place en 3ème ligne. Le speaker lance le compte à rebours : « 10 minutes avant le départ » puis annonce : « 5 minutes avant le départ ». C’est le moment choisi par le peloton pour démarrer la course, dans un capharnaüm indescriptible. De nombreux coureurs très lents se sont placés aux premiers rangs et avancent à une allure de 12-13 km/h tandis que le peloton leur fonce dessus. Je parviens à éviter quelques attardés, et après 100 mètres, je me retrouve relativement bien placé.

80 mètres après le départ.

A ce moment précis et lancé à pleine vitesse, je m’apprête à dépasser un ultime coureur attardé. Une envie partagée par un autre coureur marocain qui tente de me dépasser tandis que nous courrons à plus de 20 km/h (2’45/km à ce moment-là). Pour éviter le trottoir, il a la bonne idée de me mettre un bon petit coup de coude qui me décale sur la gauche, heurtant l’ultime attardé et m’étalant de tout mon long sur le bitume casablancais. Mon premier réflexe : continuer. Je reprends une foulée légère et évalue la situation.

Après quelques dizaines de mètres, je dois me rendre à l’évidence : Je dois abandonner. Outre mes mains ensanglantées, un moindre mal, j’aperçois des étoiles de tous bords et mon genou ne répond plus. KO debout, Mo’ et sa femme Amélie me rejoignent. Ma tête tourne encore et nous rejoignons rapidement une pharmacie. Je n’oublierai pas l’effet du petit flacon d’alcool 70% sur mes brûlures, aucune bactérie ne s’en est sortie vivante. Sauvé.

Tristesse du DNF 🙁

Les émotions de la course passées, nous rejoignons la ville d’Ifrane en compagnie de Yazid, un ami à Mo’ qui vient de courir le marathon en 2h16. Puissant. La première nuit à Ifrane passée, mon genou me fait toujours mal et je réalise que la semaine ne va pas se dérouler comme prévu. Mais la beauté de l’expérience, c’est tirer de l’inattendu ces enseignements qui te font grandir, devenir non seulement un coureur mais aussi un homme meilleur. Dans l’adversité, il est si aisé de se limiter au “je n’ai pas pu”, induction du regret et de son florilège d’énergies négatives qui s’y associent. Dans une optique de progression, tirer les leçons d’une situation avec positivisme et constructivisme permet de revenir plus fort.

« La beauté de l’expérience, c’est tirer de l’inattendu ces enseignements qui te font grandir, devenir […] un homme meilleur »