Au sortir d’une saison 2020 très particulière, la reprise de la préparation en vue de la saison 2021 s’est avérée plus compliquée que prévue. Je vous partage ici à coeur ouvert mes sentiments en ce 8 février 2021.

Optimiste par nature, j’ai pris l’habitude de vous relater ici mes joies et mes espoirs. Cet article détonne des précédents, car les derniers mois ont ainsi été compliqués pour moi. Je trouve important de vous partager ces moments de doute, qui font indéniablement partie de la vie d’un athlète.

Posons le contexte : A mi-juillet dernier, je signe mon meilleur chrono sur 5’000m à Lausanne (15’33”53) et je sens que je monte en puissance. Après un début de saison retardé en raison d’une chute à vélo, le momentum se rapprochait ! 🙂

Et puis, dès cet instant, tout à commencé à aller de travers. En camp d’entrainement à St-Moritz, fin-juillet, une forte contracture au mollet m’empêche de courir durant 2 semaines. A la reprise, mon corps n’est pas à 100%. Je réalise quelques performances ‘moyennes’ (9’02”08 sur 3’000m ; 2’34”51 sur 1’000m) mais les sensations n’y sont pas. J’abandonne un 5’000m à Bulle, complètement vidé, et étire ma saison jusqu’aux Championnats Suisse de 10km où je termine la course par respect pour mes sponsors et vous, qui croyez en moi. Mais les sensations ressenties ne ressemblaient à rien, et c’est bien mon ombre qui a traversé les mois mois d’août et septembre.

Après les deux semaines de pause habituelle de fin de saison, je reprends à mi-octobre les entrainements sous la conduite de mon nouvel entraineur, Paul Waroquier. Après 4 jours, je ressens une douleur au tendon d’Achille droit qui, très vite, m’empêche de courir. Trois semaines de ré-éducation (Protocole de Stanish) et je repars de plus belle. Jusque-là, un petit pépin.

Mais la suite est difficile à expliquer : Dès la reprise des entrainements, des douleurs aux deux pieds (métacarpes) surviennent, et après quelques jours, une forte douleur au tendon d’Achille gauche cette fois. Une sorte de pincement de tendon, très douloureux, qui m’empêche même parfois de marcher entre mi-novembre et mi-décembre. Moralement, cette situation est difficile, mais mon entraineur m’aide à prendre du recul.

A mi-décembre, je pars parti au Kenya pour 3 semaines, avec l’espoir de reprendre les entrainements et lancer véritablement ma saison 2021. Pourtant, ma blessure au tendon ne s’améliore pas. Je réalise quelques footings sporadiques, mais rien de vraiment durable ni consistant. C’est donc à vélo que je parcours le Kenya 3 semaines durant. L’occasion de constater que la région est magnifique pour la pratique de la bicyclette !

De retour en Suisse, à mi-janvier, je reprends enfin la course à pied mais très vite, après quelques jours à nouveau, je ressens cette même douleur au pied droit. C’est comme si celui-ci était sur-sollicité et proche de la fracture de fatigue, ce qui est assez inexplicable vu que je n’ai pratiquement pas couru depuis 4 mois … ceci conjugué à des crises d’asthmes à l’effort (très inhabituelles pour moi!) et à une grippe qui m’empêche de courir jusqu’à aujourd’hui, 8 février 2021.

J’espère que vous apprécierez la beauté de cet enchainement de pépins physiques. Un enchainement d’autant plus inexplicable que je réalise passablement de renforcement, et que je n’ai pas eu la moindre blessure sérieuse entre novembre 2018 et juillet 2020.

Toute cette situation m’amène aujourd’hui à deux hypothèses :

  1. Je suis confronté à un problème physique (carence, faiblesse du système immunitaire, faiblesse du système digestif, …)
  2. Je suis confronté à un problème psychique qui agit sur le physique (type burn-out sportif)

Afin de confirmer ou réfuter la première hypothèse, j’ai réalisé cette semaine un test sanguin afin de vérifier de manière approfondie les valeurs pertinentes. J’ai également réalisé des tests au niveau du système digestif (qui est souvent une source de faiblesse chez moi) et m’apprête à réaliser des tests chez une pneumologue ces prochains jours.

En termes psychiques, difficile de donner une réponse claire. Ce que je sais, c’est que j’ai adopté le rythme de vie d’un coureur semi-professionnel (6 à 8 entrainements par semaine) très rapidement à partir de novembre 2018. Un rythme que j’ai tenu durant 1 année et demi avec une grande discipline. De tous les entrainements dispensés par mon entraineur durant plus de 500 jours, je n’en n’ai manqué qu’un seul (!). Cette année, j’ai ressenti une certaine lassitude mentale à m’entrainer, souvent après des journées de travail ou lors de gros blocs spécifiques sur piste.

Depuis le mois d’octobre, je ne retrouve pas cette habituelle envie de courir. Le fait de courir en tant que tel me fait beaucoup de bien, mais je suis très vite fatigué, physiquement et mentalement. Chaque run, même un footing, est un combat mental. J’ai peur de la douleur qui va revenir, je sens que mon corps combat quelque chose et c’est difficile à expliquer. Ça m’enlève tout plaisir.

Un évènement lié au psychique également : le décès accidentel de mon ami et partenaire d’entrainement Giacomo Rossi le 18 octobre dernier. Cet évènement tragique coincide avec ma reprise des entrainements et mes blessures à répétition. Giacomo était mon ami, et il était toujours à mes côtés lors des séances. Son absence me pèse beaucoup, et il s’agit d’un des éléments qui me fait dire que ce moment de down est mental.

Vous l’aurez compris, la vie d’un coureur n’est pas facile, et ces quelques lignes en sont un bon exemple. C’est dans ces moments que votre soutien est le plus important, et je vous en remercie du fond du coeur ! Savoir que des jours sportivement meilleurs arrivent m’aident à essuyer cet orage avec force et calme, même si c’est parfois difficile.

Les succès futurs n’en seront que d’autant plus beaux, et ils seront les vôtres également, vous qui m’aurez soutenu et qui aurez cru en moi quand je n’étais pas au sommet.

Ainsi, MERCI À TOUS pour votre incroyable soutien ! Et au plaisir de vous partager de meilleures nouvelles 😀