La saison sur piste m’a réservé de belles surprises (ici lors d’un 1’000m à Langenthal)

En rupture avec mes traditionnelles ‘préparations 10k’ de ces dernières saisons, mon programme sportif du printemps 2018 a épousé une trajectoire inédite. Convaincu que ma progression en endurance passerait par une amélioration de ma résistance, j’ai décidé de me focaliser ce printemps sur le demi-fond. Une discipline qui allie rigueur et technique, jugez plutôt !

Depuis mes début sur piste en 2011, je n’avais jamais vraiment pris le temps de la connaître, cette piste ! Largué lors de mes premières ‘séries’ avec le club du CEP Cortaillod, j’ai rapidement constaté mes facultés de vitesses sur des distances allant du 500m au 800m. Comme mes amis du CEP, j’ai pourtant rapidement pris part à des compétitions de 10 km dans la région de Neuchâtel et repoussé l’idée de pratiquer l’athlétisme pur et dur.

Les intensités sur l’anneau de 400m, c’est une tradition hebdomadaire à laquelle tout coureur de fond n’échappe pas. Une piste dont le résultat est implacable, précis et qui rend d’autant plus grande la déception de l’échec. C’est pourtant le lieu idéal pour connaître ses limites, et les repousser.

Dans l’optique de ma progression sur 10 km (moins de 32′ visé cette année), j’ai néanmoins dû me résoudre à un constat : Je manque de résistance. L’allure visée de 3’12/km est rapide et je ne parviens actuellement pas à la tenir assez longtemps (env. 4 km) pour pouvoir prétendre améliorer mon chrono de référence sur un 10k. La solution envisagée : Améliorer ma résistance sur demi-fond (800 à 1’500m) en première partie de saison pour ensuite m’orienter vers le fond court (5km à 10km) en deuxième partie de saison.

Je n’aurais jamais pensé que parcourir entre 30 et 40 km par semaine pouvait s’avérer si difficile pour l’organisme ! Le régime ‘tartantesque’ imposé à un demi-fondeur est en effet intense. Les sessions se suivent et sont violentes, à milles lieues des fartleks et 1’000m sur piste des coureurs de fond. Enchaînons 10x150m (à 2’10/km) le lundi, 5×1’000m le mardi à 3’00/km, une session de 10x300m en 49” le jeudi puis 4x400m en 59” le samedi. Allez !

Mon corps a sensiblement souffert lors de la préparation hivernale. Peu habitué à ce genre d’efforts et subissant le contrecoup de ma blessure au genou subit lors d’un camp d’entraînement au Maroc en novembre. Dès les premiers meetings indoor, à mi-février, j’ai cependant  obtenu d’encourageants résultats : 2’41”66 sur 1’000m et 54”13 sur 400m. Records personnels explosés !

1’000m de Macolin 2018

L’objectif de la saison outdoor, c’était la qualification pour les championnats suisses de 5’000m. Pour ce faire, je visais la limite intermédiaire de 4’07 sur 1’500m (2’44/km). Les premiers meetings ‘raccourcis’ m’ont confirmé être proche de ce niveau : 2’40”26 sur 1’000m puis 2’00”17 sur 800m.

Victoire sur 800m lors des championnats JU-NE 2018 !

Lors de mon premier 1’500m à Zofingen le 19 mai, une forte averse se déclare 30 minutes avant mon départ. Sur une piste détrempée, je m’élance et régulier, je passe tous les pointages intermédiaires dans le chrono de 4’07. Entre le 1’000m (passage en 2’44) et le 1’100m (3’03), je fléchis et perds de précieuses secondes. Malgré un bon dernier 400m, je termine en 4’10”77. Limite ratée … de peu !

Lors de mon PB sur 1’500m à Zofingen (4’10”77)

Le 9 juin, je participe au meeting international d’Athletica Genève. Ce jour-là, rien ne semble aller. Je suis proche de manquer l’appel (20 minutes plus tôt au lieu de 10 minutes, meeting international oblige) puis patiente de longues minutes avant mon départ, les séries du 400m ayant duré plus longtemps que prévu. Avec près de 30 minutes de retard, je m’élance dans la deuxième série sous un soleil de plomb. Je prends rapidement un bonne place dans le peloton (5ème sur 16 participants) et attend que la course se décante. Après 400m, je me fais enfermer et les coureurs me dépassent un à un sans que je ne parvienne à réagir. Au moment de relancer la machine, il est trop tard. Mon corps ne réagit plus comme prévu et je passe déjà le 800m dans un chrono traduisant le fléchissement amorcé (2’13) et manque d’abandonner. Par respect pour mon entraîneur et pour le travail réalisé lors des derniers mois, je décide cependant de terminer la course à allure réduite et en dernière position (4’28”56). Cette expérience me dégoûta quelque peu de la piste et je décidais d’en rester là pour cette première partie de saison.

Lors des championnats JU-NE de 800m.

J’ai ainsi profité de cette fin de printemps pour m’essayer à de nouvelles disciplines telles que 100m, 200m, lancer du boulet et saut en longueur, avec un petit coup de coeur pour cette dernière discipline au passage 🙂 Bien que n’ayant pas obtenu les limites recherchées, je suis convaincu que le travail réalisé va payer. Mon entraîneur André Guerdat possède une entière confiance en moi et cela me pousse grandement dans ma progression.

Après deux semaines de break, la seconde partie de saison me verra me concentrer sur l’obtention d’un gros chrono au Great 10k of Berlin (14 octobre 2018). Je projette un important bloc de volume entre juillet-août (dont un camp d’entrainement de 10 jours à Malte) puis un affûtage progressif jusqu’à l’objectif. Quelques incursions sur les courses régionales devraient me servir d’indicateurs au niveau de ma préparation.

Au plaisir de vous partager la suite de cette aventure ! 🙂

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