Qui sont les habitants de Santiago ?

Le 7 avril dernier, à mon départ de Suisse, je n’avais aucune idée de l’environnement où j’allais atterrir. Un peu plus d’un mois après mon arrivée, j’ai envie de vous partager quelques moeurs surprenantes (ou pas!) de la vie au Chili.

Les premiers jours suivants mon arrivée, je me suis attardé dans les rues de Santiago. L’environnement général de la ville m’a positivement surpris. Une grande organisation, un système de transports publics développé, des rues très propres … bref, une société moderne! A mille lieues du cliché ‘sud-américain’ auquel je m’attendais.

Une grande humanité et un esprit tourné vers l’autre

Ce qui m’a frappé à mon arrivée (et que j’apprécie énormément!), c’est l’humanité dont font part les habitants de Santiago (je ne connais pas suffisamment le pays pour poser un constat général). Toujours souriants (dans la rue, c’est incroyable à observer!), ils ont une tendance naturelle à aborder l’autre. Au début, je pensais que c’était pas forcément bien intentionné (en mode ‘salut gringo, give me ca$h’) mais c’est pas du tout le cas. Ici, les gens te posent plein de questions parfois ‘rien à voir’ (genre ‘à quelle heure tu vas au lit habituellement ?’), juste parce qu’ils aiment le contact humain.

Un ‘frère-bandana’, merci Señor pour la photo =)

Les chiliens sont aussi des grands danseurs, on trouve des cours un peu partout en ville, dans les espaces publics (rien de ‘fermé’ comme en Suisse). Comment ne pas s’y essayer … ? Chaque semaine, je participe ainsi à un cours de ‘dancehall’ (un mélange de hip-hop et de reggae) et je me suis aussi essayé à la salsa et de Manilla, ‘juste pour voir’.

Quelques défauts quand même …

Quand tu habites dans une grande ville comme Santiago (7 millions d’habitants avec la périphérie), c’est super agréable d’être pareillement intégré. Dans la rue, dans les parcs, on ne croise quasi jamais un chilien seul, ça change de la Suisse. Bon, les chiliens ont aussi des défauts : ils sont très peu ponctuels (moi aussi, ça tombe bien!), ils se lèvent tard (vers 8h30, dîner entre 14h et 15h30), ils parlent etrêêêmement vite (!) et ils ne savent pas dire ‘non’. A ce propos, j’ai ainsi eu à plusieurs reprises des rendez-vous avec des chilien(ne)s (=P) qui ne sont jamais venu(e)s. Apparemment, c’est culturellement normal de ne pas venir sans avertir, plutôt que de dire ‘je ne viens pas’. Pareil quand il s’agit de quitter un groupe d’amis. Les gens, au lieu de dire ‘au-revoir’ disent ‘je vais aux toilettes’ et ne reviennent jamais. Ça évite de ‘perdre la face’, l’équivalent du mianzi dans la culture chinoise ^^.

Un collectivisme qui contraste avec l’individualisme européen

Parmi les observations que j’ai pu faire, j’ai trouvé aux chiliens une grande générosité vis-à-vis des artistes de rue. Dans de nombreux carrefours, des artistes jonglent ainsi avec des bâtons de feu, se produisent sur des échasses, pour animer le quotidien des automobilistes de la cité. Ces derniers le leur rendent d’ailleurs bien, puisqu’ils donnent souvent quelques pésos chiliens. Un respect à l’égard de l’autre qui se retrouve dans la culture chilienne en général. Par exemple, tout le monde paie son billet de bus, dès qu’une personne est en difficulté dans la rue, on lui vient en aide, etc. Un collectivisme qui contraste avec l’individualisme qui caractérise notre culture européenne.

Une organisation toute européenne

Quand je parlais de la nature moderne du Chili, plusieurs choses m’ont frappées. Par exemple, les chiliens manifestent souvent (les étudiants, les chauffeurs de taxi, les défenseurs des Îles Chiloés), mais dans une organisation toute européenne. Il y a parfois des débordements (pour l’avoir vécu, voir vidéo ci-dessous) mais généralement, ça se passe dans le calme. Il y a aussi le fait que les personnes âgées bénéficient de places de parking privilégiées, la présence de cafés littéraires (avec wifi gratuite et des espaces de détente) dans plusieurs parcs du centre et le fait qu’il y ait peu de mendiants (bien moins que dans les grandes villes européennes!). Plusieurs personnes m’ont mis en garde contre les risques de vol et jusqu’à présent, je ne l’ai heureusement pas directement vécu. Néanmoins, un pote de l’école m’a expliqué s’être fait voler son téléphone portable dans la rue il y a quelques jours, m’expliquant s’être ‘heurté’ à 4 (petits mais baraques!) chiliens au moment de vouloir le récupérer. Chaud! Malgré tout, je pense qu’il s’agit d’un cas assez isolé et je me sens en sécurité à Santiago.

Alimentation : grasse mais variée.

En termes de nourriture, le Chili c’est le pied! Gras, mais bon. Les desserts ici sont succulents, à 1’000 lieues de ce que j’ai pu goûter à travers le monde. Ici, on trouve des tartes au citron, des tiramisus, des glaces de toutes les saveurs. Le rêve pour un petit bec à sucre comme moi héhé. Au supermarché, on trouve aussi de tout – les fruits/légumes et la viande en tête – y compris de nombreux fromages, aliment très utilisé dans la consommation alimentaire chilienne. Tu veux une fondue ? No problema. A 50 mètres de chez moi, la succursale du coin en propose. Reste plus qu’à trouver un caquelon … ^^’. Niveau boisson, c’est comme en Europe, le café en moins (celui-ci est apparemment peu bon ^^). Les chiliens boivent ainsi beaucoup de ‘maté’, une boisson à base de plante ayant des vertus énergisantes.

Un diversité parfois … surprenante !

Rayon ‘fondues’ au supermarché ;-))

Une … heu … vitrine à chocolats ^^.

 

 

 

 

 

 

 

Au sein de la ville de Santiago, l’ambiance est très différente d’un quartier à l’autre. L’architecture est vraiment hétéroclite et il n’est pas rare d’apercevoir un gratte-ciel juxtaposé à un bâtiment de type colonial. Assez choquant mais finalement représentatif de la diversité de la ville, qui offre tant d’atmosphères différentes en si peu de superficie. Ici, on croise de tout! L’autre jour, j’ai ainsi aperçu un ‘essaim’ de super-héros (voir vidéo ci-dessous) passer sur une avenue principale, assez rigolo ^^. On trouve également des ‘fitness en plein air’ dans les parcs publics et de la marijuana à tous les coins de rue (notamment des ‘Biscuits festifs’). La législation est pourtant assez similaire à celle de Suisse, mais les gens ici profitent davantage des vertus ‘relaxantes’ du produit. Culturel.

La prévention au Chili

La prévention est d’ailleurs également inexistante sur la route, où je n’ai pas vu trace du moindre ‘radar fixe’. D’ailleurs – en parlant de route – j’ai vu une seule voiture d’auto-école en 5 semaines, je me demande si les chiliens n’apprennent pas à conduire ‘à la bonne’. Un peu dangereux d’autant qu’ici, certaines rues adoptent une circulation unidirectionnelle le matin (dans le sens du centre-ville) et le soir (dans le sens inverse). Il faut s’y retrouver!

‘Comme à la maison’ avec une hôtesse Lindt ;-))
On trouve vraiment de tout au Chili ^^

Un environnement magnifique mais pollué

Concernant le cadre de la ville et ses environs, ma première impression a été ‘Au pied des Andes, comme au pied du Jura, un mont reste un mont’. Mais bon, en fait pas vraiment. Les Andes sont vraiment majestueuses, mais uniquement lorsqu’on les aperçoit. La pollution qui recouvre la ville est ainsi si ‘stagnante’ qu’il est seulement possible d’apercevoir distinctement les sommets enneigés environnants au lendemain des jours de pluie. Aaah la beauté du monde moderne … c’est un peu : “tout se que l’Iphone perd en mm d’épaisseur à chaque modèle, c’est la couche d’ozone qui la prend en km d’étendue”. Le karma du monde est puissant.

Par contre, pas de trace de lac! Le Rio Mapocho – le cours d’eau qui traverse la ville – ne permet pas d’y tremper ne serait-ce que les pieds, et je me demande vraiment où se rendent les gens en été (quand les températures avoisinent les 35 degrés à l’ombre). Je suppose que Valparaiso (la ville côtière située à 100 km) est prise d’assaut, mais c’est assez surprenant qu’aucun point d’eau n’ait été construit au sein d’une si grande ville.

Le Rio Mapocho, peu propre.

En conclusion …

Bon, j’ai fait le ‘pour’ et le ‘contre’ et franchement, je crois que je vais quand même rentrer en Suisse (=P). La vie ici est super mais il me manque mes amis, le chocolat, l’air pur des montagnes et le lac ! ;-))

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